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L'Annonciation - Vitrail de Taizé

Marie « Comblée de grâce » (Lc 1, 26)

Explication du terme κεχαριτωμένη
à partir des Traditions orientale et latine

Dans une de ses intervention, le père Raniero Cantalamessa faisait remarquer : « Le mot grâce a deux sens. Il peut signifier une faveur, un pardon, une amnistie, comme lorsque nous disons qu’un condamné à mort a été gracié. Mais il peut signifier aussi la beauté, le charme, l’amabilité. Le monde d’aujourd’hui connaît bien ce second sens du mot grâce, c’est peut-être d’ailleurs le seul sens qu’il connaît bien ».
Que signifie « comblée de grâce » ? Prenons le temps de nous arrêter sur un terme lourd de signification.

1. Définition exégétique du terme « comblée de grâce »

Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. Il entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » (Évangile de Luc 1, 26-28).

Ce texte de l’Annonciation, tiré de l’Évangile de Luc, est un récit de vocation : l’ange change le nom de Marie par κεχαριτωμένη, traditionnellement traduit par « comblée de grâce ». Dans son encyclique Redemptoris Mater, Jean-Paul II commente :

Le messager salue Marie comme « pleine de grâce » : il l’appelle ainsi comme si c’était là son vrai nom. Il ne donne pas à celle à qui il s’adresse son nom propre suivant l’état civil terrestre : Miryam (= Marie), mais ce nom nouveau : « pleine de grâce ». Que signifie ce nom ? Pourquoi l’archange appelle-t-il ainsi la Vierge de Nazareth ? […] La plénitude de grâce désigne tous les dons surnaturels dont Marie bénéficie en rapport avec le fait qu’elle a été choisie et destinée à être Mère du Christ (Jean-Paul II, Redemptoris Mater, n. 8 et 9).

Jean-Paul II insiste sur le lien profond entre les mots χαῖρε et κεχαριτωμένη [1]. Ignace de la Potterie pense que l’ange invite Marie à se réjouir de ce que la grâce de Dieu a déjà fait en elle, dans lignée de la grande joie messianique annoncée par les prophètes, il traduira : « Réjouis-toi d’être (d’avoir été) transformée par la grâce » [2]. Le temps du verbe (un participe parfait passif de χαῖρε) désigne une action passée dont les effets demeurent. Κεχαριτωμένη est un verbe rare, on ne le retrouve qu’une fois en Ep 1, 6 à propos du dessin bienveillant de Dieu sur l’homme :

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : Il nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les cieux en Christ. Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour. Il nous a prédestinés (προορίσας) à être pour lui des fils adoptifs (υἱοθεσίαν) par Jésus Christ ; ainsi l’a voulu sa bienveillance (εὐδοκίαν) à la louange de sa gloire, et de la grâce (χάριτος) dont il nous a comblés (ἐχαρίτωσεν) en son Bien-aimé : en lui, par son sang, nous sommes délivrés, en lui, nos fautes sont pardonnées, selon la richesse de sa grâce (χάριτος) (Lettre aux Ephésiens 1, 3-7). [3]

2. Développement doctrinal sur l’immaculée conception

Les Pères de la tradition orientale appellent la Mère de Dieu ‘la Toute Sainte’ (Panaghia), ils la célèbrent comme ‘indemne de toute tache de péché, ayant été pétrie par l’Esprit Saint, et formée comme une nouvelle créature’ (LG 56 ; cf. C.E.C § 493).

C’est à partir de l’Écritures (Lc 1, 26 ; Ga 4, 4) et d’une intuition de la Tradition que se développera le culte marial.

Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi (Ga 4, 4).

La littérature apocryphe des IIème et IIIème siècle – comme le Protévangile de Jacques [4] – témoignera d’une recherche spirituelle en ce sens. Le premier témoignage d’une doctrine mariologique nous est donné par Ignace d’Antioche [5] :

Le prince de ce monde a ignoré la virginité de Marie, et son enfantement, de même que la mort du Seigneur, trois mystères retentissants, qui furent accomplis dans le silence de Dieu (Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens, 19, 1).

Il nous faut mentionner ici de l’importante influence d’un grand écrivain ecclésiastique du IIème siècle : Origène. En effet, bien que celui-ci défende avec force l’intégrale virginité de Marie, sa doctrine du « glaive d’infidélité » laissera une marque profonde chez les Pères de l’Eglise :

Quel est le glaive qui a transpercé non seulement le cœur des autres, mais aussi de Marie ? […] Au temps de la Passion, tous les apôtres ont été scandalisés (Mt 26, 31s). Pierre l’a renié. Puisque tous les apôtres ont été scandalisés, pourquoi pourrions nous croire que la Mère du Seigneur serait indemne du scandale ? Si elle n’a pas souffert le scandale de la passion du Seigneur, Jésus n’est pas mort pour ses péchés. « Si tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu. Si tous ont justifiés et racheté par grâce » (Rm 3, 23-24), assurément, Marie aussi fut scandalisée en ce temps-là. […] [Origène fait ensuite parler Siméon :] Le glaive de l’infidélité te transpercera et tu seras blessé par la pointe de l’incertitude (Origène, Homélie de Luc, Sources Chrétiennes n. 87, p. 220-221).

Saint Augustin (354-430) se verra reprocher par un semi-pélagien, Julien d’Eclane, de « livrer Marie à Satan » et ne saura répliquer, les Pères étaient encore trop marqués par un néo-platonisme créant une dualité corps-âme, concept lié à une perception impure de la matière. Mais un tournant important s’opère en 431 à Éphèse, où fut proclamée par Cyrille d’Alexandrie contre Nestorius [6], l’unicité de personne de Jésus en maintenant sa double nature, humaine et divine. Cette doctrine eu des répercutions sur la théologie mariale. Puisque Jésus est Dieu et que Marie est sa mère, elle est donc non seulement la Christotokos (« Mère du Christ » ; [7]), mais aussi celle qui a accouché du Fils de Dieu, la Θεοτόκος (« Mère de Dieu ») :

Nous disons que, sorti du sein maternel uni à la chair, [le Verbe] a accepté une naissance charnelle, parce qu’il revendique cette naissance charnelle comme la sienne propre (…) Ainsi [les saints Pères] n’hésitèrent pas à appeler la sainte Vierge : Mère de Dieu (Θεοτόκος) (Concile d’Éphèse, Deuxième lettre de Cyrille d’Alexandrie à Nestorius, 22 juin 431).

C’est ainsi que [les saints pères] se sont enhardis à nommer la sainte Vierge Mère de Dieu, non que la nature du Verbe ou sa divinité ait reçu le début de son existence à partir de la sainte Vierge, mais parce qu’a été engendré d’elle son saint corps animé d’une âme raisonnable, corps auquel le Verbe s’est uni selon l’hypostase et pour cette raison est dit avoir été engendré selon la chair (Denzinger, Symbole et définition de la foi catholique, n. 251e).

De tout temps, l’Église célébra en Marie la conjonction des deux états inconciliable que sont la virginité et la maternité. Elle l’a même déclarée « semper virgo » (toujours vierge ; [8]), au point que cette femme est devenue à la fois le modèle des vierges, des mères et des épouses [9].

Aux cours des siècles, de longues litanies et cantiques sur Marie, médités sur une base scripturaire, ont été développés. Ils présentent Marie comme : « Nouvelle Ève » [10], « Arche de la Nouvelle Alliance », « Tabernacle de la Sagesse de Dieu », « Étoile du matin », « Maison d’or », « Miroir de la justice », « Porte du Ciel », etc [11]. L’hymne acathiste [12] composée vers l’an 720, à teneur fortement christologique évoque déjà le Rosaire :

Réjouis-toi, Etoile qui annonce le Lever du Soleil
Réjouis-toi, tu accueilles en ta chair ton enfant et ton Dieu
Réjouis-toi, tu es la première de la Création Nouvelle
Réjouis-toi, en toi nous adorons l’Artisan de l’Univers [13]

Sur cette impulsion mystique se développera progressivement la foi de l’Eglise catholique en la conception sans péché de Marie[17], les théologiens commenterons le sens de versets scripturaires comme « le Seigneur est avec toi » (Lc 1, 28), « bénie entre les femmes » (Lc 1, 42), « tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30), « désormais toutes les générations me diront bienheureuse » (Lc 1, 48), « le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 49). La réflexion sur la dignité et l’excellence de celle qui porté en elle le Fils de Dieu a conduit peu à peu le peuple chrétien à dire que Marie ne pouvait pas avoir subi la moindre atteinte du péché. Celle qui engendra le Saint devait être toute sainte.

Le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, de sa totale transparence à l’action de l’Esprit, n’est pas un à-côté facultatif de notre foi, il est au cœur de la Bonne Nouvelle, même si sa formulation est récente. Nous sommes des êtres de grâce, et nous existons pour enfanter la grâce. Mais il nous faut du temps pour admettre cette totale dépendance dans l’amour, cette unique fécondité de l’amour. Marie, une toute petite créature, vient nous montrer par Bernadette que Dieu veut se servir des pauvres, qui ne risquent pas de lui imposer leur propre valeur. Marie reconnaît en Bernadette ce petit rien qu’elle est elle-même, mais un petit rien qui dit oui à l’amour, sans réserve (P. André Cabes, Lourdes magazine, Le site Mensuel du Pèlerin).

Mais comment concilier cela avec la Rédemption par le Christ de toute l’humanité ? Marie semblait constituer une exception par rapport à cette loi universelle de la solidarité dans le péché exprimée par St Paul :

Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous ont péché (Rm 5, 12).

Marie ne restait-elle pas alors en dehors, à l’écart de la Rédemption du Christ ? Ne suffisait-il pas, pour définir sa sainteté, de dire que Marie n’avait jamais péché elle-même ? Pourquoi recourir à une conception qui, tout en étant une conception tout à fait naturelle, affranchirait Marie de la loi commune ? Comme pour l’Assomption la poussée vint d’Orient. Dès le VIIIème siècle, une fête célèbre la Conception de Marie [18]. Cette fête apparaît pour la première fois en Angleterre en 1030, des théologiens, comme Dun Scott, vont se prononcer dans le sens de l’immaculée conception. Mais les théologiens, St Thomas et St Bernard lui-même, ne cessent de dire que Marie a été purifiée de la tache originelle : puisqu’elle a été rachetée par son Fils, c’est donc qu’elle avait contracté, ne fût-ce qu’un instant, cette tache originelle :

Si l’âme de la Bienheureuse Vierge n’avait jamais été souillée par la contagion du péché originel, c’eût été une atteinte à la dignité du Christ, qui est le Sauveur universel de tous les hommes [14].

Le peuple chrétien pourtant persévère dans son intuition et pas seulement en Orient, à Lyon le peuple entraîne des théologiens, comme St Bonaventure, à attester la conception immaculée de Marie, plus tard un concours de circonstance contribuera à promouvoir la fête de l’Immaculée Conception [15]. Aux XVIème et XVIIème siècle, des quantités d’ouvrages paraissent sur le sujet, alimentant une âpre polémique. En 1708, Rome décrète pour l’Église universelle la fête de l’Immaculée Conception, fête de précepte, donc obligatoire. Et c’est en 1854 que le Pape Pie IX prononça la définition de ce dogme :

Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine, qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles [16].

Préservée, exemptée et non pas purifiée, libérée. Il fallait trouver cette formule et accepter, tout simplement, que la Rédemption pouvait jouer pour Marie dès sa conception : car l’action de Dieu défie le temps, et la grâce du salut peut agir avant même qu’elle soit historiquement réalisée.

Aujourd’hui est le principe de notre salut
et la manifestation du mystère éternel
le fils de Dieu devient le fils de la Vierge
et Gabriel annonce cette grâce.
Crions avec lui à la Mère de Dieu :
Réjouis toi, comblée de grâce,
le Seigneur est avec toi.
(Tropaire orthodoxe pour l’Annonciation.)

Notes

[1] Jean Paul II, Audience générale, 8 mai 1996.

[2] Ignace de la Potterie, Biblica 68, 1987.

[3] Ce passage de la lettre aux Éphésiens est rapportée dans l’encyclique Redemptoris Mater et par le C.E.C (§ 492).

[4] René Laurentin, Marie mère du Seigneur, les beaux textes de deux millénaires, Paris, Desclée, 1984 : « Pour manifester que Marie est préservée de toute trace d’impureté légale, le Protévangile imagine que (Marie) fut conçut en l’absence de son père, retiré au désert pour prier. Lui et son épouse Anne, affligée de stérilité, reçoivent chacun la visite d’un ange, qui annonce à Joachim que sa femme ‘a conçu’ ».

[5] Saint Ignace d’Antioche (?-107), dit « Théophore », deuxième évêque d’Antioche, auteur de sept Épîtres importants sur l’organisation de l’Église, martyr à Rome en 107 ; Saint Justin défendra « la virginité avant l’enfantement ».

[6] Saint Cyrille (370-444), patriarche d’Alexandrie en 412, neveu du puissant évêque Théophile, combattit Nestorius (381-450), patriarche de Constantinople, issue de l’école d’Antioche qui concevait une distinction des deux natures du Christ comme une distinction de deux personnes.

[7] Χριστοτόκος : terme fondé par Nestorius comme compromis entre Θεοτόκος (Mère de Dieu) et ἄνθροποτόκος (mère de l’homme).

[8] « Toujours Vierge » : On trouve la première trace de cette expression dans le symbole d’Épiphane de Salamine en 374, Denzinger, n. 44 : « (Jésus Christ) a été engendré parfaitement de Marie la sainte toujours vierge par l’Esprit Saint ». Cette expression sera souvent reprise ensuite comme au VIème Concile de Tolède, commencé le 9 janvier 638, Denzinger, n. 491.

[9] Jean Paul II, Redemptoris Mater, n. 39 : « Marie a accepté d’être choisie comme Mère du Fils de Dieu, guidée par l’amour nuptial, qui « consacre » totalement à Dieu une personne humaine. En vertu de cet amour, Marie désirait être toujours et en tout «donnée à Dieu», en vivant dans la virginité. Les mots « Je suis la servante du Seigneur » expriment le fait que, depuis le début, elle a accueilli et compris sa maternité comme un don total de soi, de sa personne, au service des desseins salvifiques du Très-Haut. Et toute sa participation maternelle à la vie de Jésus Christ, son Fils, elle l’a vécue jusqu’à la fin d’une manière qui répondait à sa vocation à la virginité ».

[10] Irénée de Lyon, Contre les Hérésies, III, 22, 4 : « Ainsi également le nœud de la désobéissance d’Eve a été dénoué par l’obéissance de Marie, car ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l’a délié par sa foi ». Cf. CH, V, 19, 1. Lui-même s’appuie sur St Justin (?-165), c’est ce dernier qui introduira pour la première fois un parallélisme entre Ève et Marie, cf. Justin, Dialogue avec Tryphon, 100, 5.

[11] « Litanies de la Sainte Vierge », présenté par Bernard Peyrous in sainte Catherine de Gêne, Traité du Purgatoire, Paris, Édition de l’Emmanuel, 1993, p. 101.

[12] « Acathiste » : ce qui signifie « non assis » car l’hymne se chantait debout, cette hymne est avant tout de teneur christologique, sa composition est traditionnellement attribuée à Romano le Mélode ou encore à St Germain de Constantinople.

[13] Hymne acathiste, extrait de la traduction française des Foyers de Charité.

[14] Thomas d’Aquin, Somme Théologique, IIIa, q. 27, a. 2, s. 2. Cf. r. 2. : « Si la Bienheureuse Vierge avait été sanctifiée, de quelque manière que ce fût, avant son animation, elle n’aurait jamais encouru la tache de la faute originelle. Ainsi elle n’aurait pas eu besoin de la rédemption et du salut apportés par le Christ, dont il est dit en S. Matthieu (1, 21) : ‘Il sauvera son peuple de ses péchés’. Or il est inadmissible que le Christ ne soit pas ‘le sauveur de tous les hommes’ (1 Tm 4, 10) ». S. 3 : « Bien que l’Église romaine ne célèbre pas la fête de la Conception de la Vierge, elle tolère la coutume de certaines Églises qui la célèbrent. Mais, du fait qu’on célèbre la fête de la Conception, il ne faut pas penser que la Bienheureuse Vierge a été sainte dans sa conception. Toutefois, parce que l’on ignore à quel moment elle a été sanctifiée, on célèbre, le jour même de sa conception, la fête de sa sanctification ». S. 4. : « Si les parents de la Bienheureuse Vierge ont été purifiés du péché originel, la Bienheureuse Vierge l’a néanmoins contracté, puisqu’elle a été conçue selon la convoitise de la chair et par le commerce de l’homme et de la femme, ‘Tout ce qui naît de ce commerce, écrit S. Augustin est chair de péché’ ». Cf. Thomas d’Aquin, Bref résumé de la foi chrétienne, trad. fr. r. p. Jean Kreit, Paris, Nouvelles Editions Latine, 1985, ch. 224. p. 367-371.

[15] Le 8 décembre, les Lyonnais fêtaient, dans toutes les rues de la vieille ville l’Immaculée Conception, devenue désormais la « fête des lumières », cette fête remonte à l’origine à un vœu de gratitude de notables de la ville ayant fait ériger une statue de la Vierge Marie érigée sur la chapelle de la colline de Fourvière, la ville ayant été sauvée de la peste, un concours de circonstance obligea le report de l’inauguration de la statue de Fourvière à être repoussée du 8 septembre au 8 décembre, ce jours là on illumina pour la première fois les façades des maisons.

[16] Bulle « Ineffabilis Deus » de Pie IX, 8 décembre 1854, cité in Denzinger n. 2803.

[17] La doctrine de l’immaculée conception est un point de dissension grave entre chrétiens catholiques et orthodoxes. Pour ces derniers en effet comprendre Marie comme conçue sans péché reviendrait à sortir celle-ci de la nature humaine.

[18] Une fête orientale en l’honneur de la conception de Marie, liée à sa sanctification, qui n’est pas encore une fête en l’IMMACULÉE conception, les églises orientales n’allant pas aussi loin. Cf. la réflexion de St Thomas d’Aquin en note 14.